| 09 Juillet 2009
Fondé au début de l'installation des Phéniciens en Tunisie (814 av. J.-C.), l'antique Rusucmona devient rapidement un comptoir renommé pour être l'avant-port d'Utique.
Il devient par la suite une importante base pour les corsaires barbaresques. Suite à la conquête de la Tunisie par Charles Quint en 1534, les Espagnolstentent de les combattre et y construisent un fort mais c'est l'amiral britannique Robert Blake qui en vient à bout en 1654. Toutefois, le port et ses défenses sont reconstruits rapidement et redeviennent une base pour des pirates britanniques et maltais. En 1834, un important arsenal appartenant à un pirate maltais explose et détruit une partie de Ghar El Melh.Ahmed I Bey (1837-1855) décide de mettre fin à la piraterie en Tunisie et de transformer leur base en port de commerce. Il y fait construire de nouvelles jetéeset forteresses.Une petite colonie d'origine maltaise a vécu à Ghar El Melh jusqu'à l'aube de l'indépendance. L'une des activités auxquelles s'adonnent à l'origine les Maltais est la contrebande. Mais, à la fin du xixe siècle, l'instauration d'un régime douanier plus rigoureux oblige les contrebandiers à se transformer en pêcheurs et en maraîchers. En refusant de prendre la nationalité tunisienne en 1956, les Maltais ont dû s'astreindre à quitter la TunisieAujourd'hui, on peut admirer le vieux port turc ainsi que les trois forts. L'ancien port joue un rôle prépondérant dans la région, à l'époque punique, en tant que comptoir commercial ainsi que site militaire grâce au caractère géomorphologique de son site d'implantation. Aménagé en 1638, le vieux port est longtemps le port de la première base militaire en Tunisie. Il est ensuite abandonné en 1818 et une tentative de rénovation sans succès est entreprise en 1838. Le port est ensuite devenu un important port de pêche de la région. En 1975, la construction d'un nouveau port, ouvert directement sur la mer, relègue progressivement le vieux port à une pêche artisanale dans les eaux de la lagune.
Les trois forts datent tous de l'époque ottomane3 : leur construction remonte aux environs de 1650. Historiquement, ils servent de bagne pour les esclaves faits prisonniers par les corsaires lors d'attaques en mer. Ces trois forteresses ont subi des transformations et une forte dégradation à la suite de leur transformation en prison civile (karraka), probablement dès 1881 (début du protectorat français). En 1922, les trois forts sont classés monument historique. En 1964, ils cessent d'être des prisons et sont désaffectés. Le gouvernement tunisien a entrepris, à partir de 1990, un vaste programme de restauration et de mise en valeur de ces monuments.


