Ex-Porto Farina, de nombreux Andalous vinrent s’y installer et arrachèrent à la mer et à la montagne de petites parcelles agricoles, faisant de ce village un vrai jardin sur mer. Ghar El Melh, où les corsaires fixèrent un repère quasi inexpugnable et édifièrent des forts, a été pris d’assaut hier par des hordes de photographes, appareils en bandoulière, faisant du chemin de ronde des forts un rassemblement de paparazzis à la recherche, d’une forme, d’un visage ou d’une action. Depuis les meurtrières, on voyait de loin les zooms de leurs appareils photo pointer en direction de la mer, du ciel et de la foule qui se faufilait à l’intérieur du fort. C’est dans ce village chargé d’histoire, qui profita de la prospérité d’Utique et où Charles Quint a passé la nuit avant d’attaquer La Goulette entre les mains des Turcs, que les mordus du cliché se sont donné rendez-vous pour la quatrième année consécutive. En effet, après le succès des précédentes éditions des Rencontres internationales photographiques, Ghar El Melh met de nouveau en lumière un regard particulier sur les plus belles images et sur le travail des photographes du monde autour du thème : « La photo et les communications ». M. Rafaâ Dkhil, ministre chargé de la Communication et des Relations avec la Chambre des Députés et la Chambre des Conseillers, qui a procédé dimanche à la clôture de ces journées, a visité les galeries où les artistes ont exposé des images pures et dépouillées, mais combien évocatrices. Tout au long de son périple à travers les deux forts dédiés à l’accueil de l’événement, le ministre a pu découvrir dans le dédale des anciennes casemates fraîchement restaurées, plus de 600 œuvres déclinées en une trentaine d’expositions, entièrement gratuites d’accès, où alternent d’immenses clichés, des reportages, des photos d’art, des témoignages, des regards croisés en noir et blanc et en couleur. M.Dkhil, qui a profité de l’occasion pour s’entretenir avec les exposants, a pu recueillir les impressions des exposants hôtes de la Tunisie et leurs témoignages d’émerveillement par les potentialités offertes par notre pays en termes de beauté, de lumière, de couleurs et de diversités des sites. Les photographies, visibles de jour comme de nuit, ont été présentées dans le Fort « Porte de Tunis » et le Fort Eddiwan. Ces espaces, qui ont fait leur toilette pour abriter les expositions intérieures et extérieures ouverts aux publics à l’occasion de la rencontre, connaissent toujours des travaux de restauration et de sauvegarde. Événement unique en son genre, ces rencontres ont réuni des photographes du monde entier, venus partager leur passion pour l’image. Tous les styles photographiques y ont été presque représentés. Parmi les signatures, on retrouve : Sophia Baraket, Imed Belhassen, Gregor Belitz, Yosr Ben Ammar, Zoueir Ben Amor, Tahar Ben Mustapha, Leïla Benzid, Hamiddedine Bouali, Bochra Bouneb, Salah Jabeur, Nejib Chouk, Marianne Catzaras, Xavier de Luca, etc.
La Presse